Mes souvenirs de Swami Vijayânanda proche disciple de Mâ Ananda Moyî, témoignage De Lwiis Saliba, sur Zoom, Mercredi 2 Septembre 2026

Réflexions sur le développement personnel
Jalons du mysticisme comparé: hindou, bouddhiste, chrétien et islamique
Portrait de Vijayânanda
C’est le titre de mon dernier livre en arabe, le livre N° 100 dans l’ensemble de mes œuvres, et je suis très heureux qu’il soit béni par la présence de de mon maître Swami Vijayânanda (1914-2010): Plusieurs réflexions sont inspirées de son enseignement, et son portrait honore sa couverture.
C’est le portrait qu’a dessiné Geneviève Koevoets (Mahâjyoti) comme c’est bien indiqué sur la couverture même et à la page 234. En voyant ce tableau le Dr Jacques Vigne lui a dit: « Tu as réussi Geneviève à dessiner non pas uniquement son visage, mais aussi son âme ».
De mon côté quand je regarde ce portrait ça me fait rappeler l’histoire de Michel Ange avec sa célèbre sculpture de Moïse au Vatican, quand il a fini son chef d’œuvre, fasciné par sa beauté, il l’a regardé et lui a dit: « Mais parle donc Moïse… ».
Chaque fois que je regarde ce portrait de Vijayânanda je lui dis: « Mais parle donc Vijayânanda… » Tellement il est vivant dans ce portrait.
Au début c’était Mâ et ses photos
Avec la parution de ce livre j’aime bien raconter mon histoire avec mon Maître Swami Vijayânanda.
Tout commence d’abord avec Mâ Ananda Moyî, appelée aussi Mâ Anandamayî (1896-1982) et les photos de Mâ. Vijayânanda l’a bien dit et répété: Mâ a laissé dans chacune de ses photos une touche, une empreinte d’elle.
Dans les années 90 je vivais à Paris, j’ai lu le livre de Josette et Jean Herbert: ‘L’Enseignement de Mâ Ananda Moyî’. Mais ce qui m’a accroché le plus c’était les Photos de Mâ dans les livres de Jean Claude Marol.
Il y avait un disciple de Mâ en région parisienne: Claude Portal. Il habitait à Saint Germain En Lay. Il nous invitait à célébrer les anniversaires de Mâ chez lui, mais aussi les anniversaires de Swami Chidânanda. Il nous a parlé une fois de ce médecin français: Vijayânanda disciple de Mâ, qui a tout quitté pour vivre auprès d’elle en tant qu’ermite à Dhaulchina en Himalaya, et qui vient souvent à Kankhal là où il y a le mausolée (Samadhi) de Mâ. L’histoire m’a fasciné et je me suis dit: j’irai un jour rencontrer Vijayânanda.
1ère visite au Samadhi de Mâ
En Janvier 1999, après avoir passé une retraite spirituelle avec Swami Chidânanda à Rishikesh, et en retournant à Delhi pour prendre l’avion, je passe à Kankhal. Vijayânanda n’était pas là, il était en retraite à Dhaulchina, mais voilà que je tombe sur le Dr Jacques Vigne, dont j’avais déjà entendu parler mais c’était notre 1ère rencontre, que j’ai déjà racontée.
Je lui ai dit que je venais visiter le Samadhi de Mâ, mais désirais aussi rencontrer Vijayânanda.
Il m’a répondu qu’il était à Dhaulchina, et m’a offert un livre de Vijayânanda qui venait de paraître: ‘Un français dans l’Himalaya’.
De retour en France, j’ai lu ce livre très intéressant et je me suis décidé à revenir un jour rencontrer Vijayânanda.
1ère rencontre avec Vijayânanda
Je n’ai pas tardé à revenir. En Janvier 2000, me voilà revenu à Kankhal pour passer deux semaines près du Samadhi de Mâ et près de Vijayânanda, au Centre International destiné aux étrangers.
Le programme était simple: un rituel, l’Arati du matin vers 7h au Samadhi de Mâ, et un autre le soir, vers 19h aussi.
Vijayânanda venait à l’Arati du soir: un homme petit de taille, simple, avec une voix douce et charmante. Il amenait toujours avec lui un petit coussin sur lequel il s’asseyait après l’Arati en s’appuyant sur un mur du Samadhi et en attendant qu’il y ait des gens qui viennent le voir.
Notre 1ère rencontre est inoubliable: il m’a regardé et m’a posé sa question traditionnelle:
-« D’où viens-tu ? »
-« Je viens de France Swamiji ». C’était ma réponse habituelle pour éviter la curiosité inutile des indiens qui me posaient une infinité de questions sur mon pays d’origine, vu que les indiens des villages ne le connaissaient pas.
-« Tu n’as pas la tête d’un français » me répondit Vijayânanda.
Une minute après il me posait cette question:
-« Ne serais-tu pas un libanais ? »
-« Et comment le sais-tu Swamiji ? » J’ai directement commencé à le tutoyer, sentant qu’on était en famille et qu’il était le Père.
-« Vous les libanais, vous avez une signature spéciale. Et comment va le Liban ce beau petit pays ?! »
Il aimait ce pays, et il voulait absolument qu’il soit en paix, surtout avec sa région voisine: « C’est un pays qui a la beauté du prophète Joseph, mais aussi le chagrin de son père » me disait-il souvent. Par cette phrase il résumait correctement la situation tragique du Liban.
Les satsangs de Vijayânanda
Depuis l’année 2000 jusqu’en 2003: pendant 4 années consécutives, je venais chaque année passer 2 semaines à Kankhal. En 2003 j’ai enregistré 2 entretiens vidéo avec lui de 45 minutes chacun, ils sont disponibles sur Youtube. Et chaque jour j’attendais avec impatience la rencontre avec Vijayânanda. Chaque soir il s’asseyait sur son coussin et attendait qu’il y ait des gens qui viennent le rencontrer. C’est Mâ qui lui a demandé de s’occuper des étrangers qui venaient à son ashram et il a continué à accomplir cette tâche jusqu’à son dernier jour.
Très souvent j’étais tout seul avec lui, mais il fallait préparer des questions à lui poser sinon la séance était ratée.
Quelques fois, il prenait ma place en me posant des questions sur mon pays, ou sur ma sadhana.
-« Quand tu habites un pays où la situation est difficile, n’oublie pas que c’est une opportunité pour toi, tu auras ainsi la chance d’évoluer rapidement ».
-« Mais le Liban est presque continuellement en guerre, soit une guerre extérieure soit une autre intérieure, ce n’est pas un grand danger pour moi ?! »
-« Essaie toujours de t’éloigner des régions de guerre pour avoir plus de paix intérieure, mais n’oublie surtout pas que ton karma est attaché à ta peau. Ce n’est pas parce que tu vis dans un pays qui n’est pas en guerre que tu es loin des catastrophes ».
-« Quand on vit dans un pays en guerre ne subit-on pas le karma collectif de son peuple ? »
-« Il n’y a pas de karma collectif, chacun subit son propre karma! Tous les grands maîtres ont répété ça, y compris le Dalaï Lama ».
-« Et quand des milliers de personnes subissent une même catastrophe ? »
-« Chacun subit son propre karma, même dans ce cas, sinon pourquoi trouverais-tu des gens qui échappent de justesse à de tels événements ».
Vijayânanda se contentait de répondre aux questions.
Et voilà un exemple des discussions entre nous deux. Je me souviens qu’il y avait au Centre International de l’ashram de Kankhal des fascicules des satsangs de Vijayânanda que Jacques Vigne avait écrits et intitulés: “Les entretiens de Kankhal“. Ils étaient imprimés en polycopiés mais non publiés. Je lisais ces entretiens pendant le jour pour préparer des questions pour le soir.
Il m’est difficile d’évoquer mes propres entretiens avec lui après plus d’un quart de siècle. J’ai écrit quelques notes dans mes anciens cahiers, et j’y reviendrai un jour, mais tout ce que je raconte-là est ce qu’il m’est resté en mémoire tellement ses conseils y sont gravés.
Il aimait beaucoup l’humour, et nous racontait souvent des anecdotes.
Vijayânanda sous l’occupation allemande
Je me rappelle une fois il y a eu cette discussion entre nous:
-« Swamiji: comment as-tu pu rester, toi juif, en France sous l’occupation allemande ? »
-« Je ne disais pas que je suis juif »
-« Qu’est-ce que tu disais alors ?! »
-« Je disais que j’étais protestant ! »
-« Donc, tu mentais Swamiji ?! »
-« Pas du tout, j’ai voulu dire par là que je protestais contre l’occupation allemande de mon pays !! »
A cette réponse inattendue, on a tous bien rigolé.
L’amour de Mâ
Une autre fois je lui ai dit :
-« Swamiji, il y en a qui disent en parlant de toi et de ton itinéraire auprès de Mâ: finalement ce médecin français est tombé amoureux de cette belle dame indienne pour tout abandonner et rester auprès d’elle en Inde ».
Là, Swami Vijayânanda a éclaté de rire et m’a dit:
-« Regarde combien les gens aiment inventer des histoires. Laisse-moi t’avouer une chose: au début je ne la trouvais pas particulièrement belle. Si je l’ai suivie c’est parce qu’elle était un Gourou Authentique ».
Vijayânanda, un conseiller personnel
Ce qui était touchant chez Swami Vijayânanda c’était sa disponibilité. Il m’écoutait attentivement lui raconter mes problèmes, mes difficultés, etc…
Souvent je lui demandais des entretiens personnels et il me les accordait. Je me souviens de l’un d’eux:
J’avais voulu lui raconter mon histoire d’amour avec une indienne. Au début je me sentais un peu gêné de raconter une histoire d’amour à un Maître comme lui, qui s’intéressait essentiellement à la sadhana et au cheminement spirituel, mais il m’a encouragé par son sourire accueillant !
Je lui ai raconté les différents problèmes que posait sa mère, etc… et après tout un long exposé j’ai fini par lui poser la question:
-« Swamiji après tout, qu’est-ce que tu me conseilles ? Qu’on se marie ?
Il m’a regardé avec un sourire et m’a dit:
-« Ecoute, essaie, et si ça ne marche pas tu divorceras ! »
Je ne m’attendais pas à une telle réponse brève. J’ai éclaté de rire, et on a tous les deux rigolé ensemble.
J’attendais un conseil spirituel et sérieux, et lui il s’est contenté d’un simple conseil pratique. C’est qu’il ne croyait pas trop au mariage, ce qui comptait essentiellement pour lui c’était la sadhana et le mariage aurait pu être un handicap.
Vijayananda le standardiste!
Souvent Swamiji remplaçait le standardiste de l’ashram de Kankhal, je profitais de cette opportunité pour passer plus de temps en sa compagnie, j’étais là, à la réception de l’ashram, rien que pour être avec lui. C’était un vrai maniaque de propreté et dans un pays aussi sale que l’Inde, quel paradoxe!!
Il enveloppait le combiné du téléphone dans son châle safran pour ne pas le toucher, surtout pour éviter le contact avec ses lèvres quand il parlait.
Je m’amusais à le voir ainsi et à l’écouter répondre aux appels. Et moi qui connaissais un tout petit peu le hindi, surtout à travers le champ du vocabulaire commun entre cette langue, le persan et l’arabe, je m’amusais à reconstruire le “puzzle” de ce qu’il disait pour y comprendre le sens général. Après chaque communication je lui posais la question:
-« Swamiji as-tu dit ça et ça ? »
Et lui il rigolait en me répondant:
-« Toi tu es dangereux, on ne peut rien te cacher ».
Si je n’arrivais pas à deviner le sujet général et les détails essentiels il me disait:
-« Là c’est moi qui ai gagné ».
Il m’encourageait à foncer dans l’apprentissage du hindi:
-« Apprendre la langue d’un peuple c’est plutôt comprendre sa mentalité, me disait-il. Pour les occidentaux c’est plutôt une affaire compliquée d’apprendre le hindi, mais pour toi oriental, ça devait être plus simple ».
Vijayânanda et l’hébreu
J’étais aussi à l’époque de mes débuts dans l’apprentissage de l’hébreu, ça faisait partie de mes recherches en écritures saintes et religions abrahamiques. Quand il a appris ça, il a exprimé sa joie, il m’a conseillé de lire ‘Tintin’ en hébreu, chose qu’il faisait régulièrement. Il aimait beaucoup Tintin et il demandait à ses amis et ses disciples qu’on lui amène ‘Les aventures de Tintin’ en hébreu. J’échangeais avec lui des expressions en hébreu, ça lui faisait beaucoup de plaisir et ça l’amusait tellement.
C’est une grande ouverture de la part d’un libanais d’apprendre la langue d’un pays voisin avec qui son pays est en guerre, ça aide à vaincre la haine et la rupture au niveau de l’esprit et du cœur.
J’avoue aujourd’hui que je n’avais pas le don des langues qu’il avait!
Un maniaque de propreté
Quant à son souci de propreté je me souviens qu’une fois une jeune française avait raconté, au cours de l’un de ses Satsangs, qu’elle allait dans les marchés de la région acheter des fruits et des légumes et qu’elle les mangeait souvent sans même bien les nettoyer. Elle s’attendait à ce qu’il approuve son comportement lorsqu’elle a dit :
-« Hardwar est une région sainte, ses fruits et légumes doivent être bénis ». Mais elle fut déçue:
-« Moi ma petite cellule, là où je mange, est un vrai bloc opératoire, tout est bien stérilisé ».
-« Comment as-tu pu vivre en Inde, un pays pas très propre ?! » Lui ai-je dit.
-« J’ai toujours pris mes précautions et je continu à le faire ».
-La nature l’emporte sur le conditionnement, comme dit le proverbe arabe, ainsi ai-je conclu.
Critères pour distinguer les maîtres
Plusieurs fois durant ses satsangs j’ai posé des questions à Swami Vijayânanda concernant les maîtres ou les gourous. Normalement les sages indiens, tels que Swami Chidânanda et Chandra Swami, que j’ai bien connus, ne répondent pas à ce genre de questions. Pour Swamiji ce ne fut pas le cas :
-« Il y a deux critères pour distinguer un faux maître d’un vrai, me disait-il : l’argent et le sexe:
1-Si vous trouvez un maître qui encaisse de l’argent en échange de son enseignement, c’est qu’il n’est pas le bon: Il faut vivre la spiritualité et non pas vivre de la spiritualité ».
Il nous répétait cela sans cesse.
2-« Si vous trouvez dans l’entourage du maître quelque chose qui soit louche dans les relations, etc… c’est que ce n’est pas un bon maître.
Et de toute façon n’oubliez jamais que le yoga n’est pas une adoration d’un gourou, vénérez plutôt l’enseignement, ne vénérez pas l’enseignant ».
Il répétait toujours ce conseil.
Vénérez l’enseignement et non pas l’enseignant
Swamiji refusait toute forme de vénération que l’on pouvait lui adresser. Une telle vénération qui vient de la part d’un indien, peut être naturelle car elle est dans sa culture, mais quand elle vient de la part d’un occidental elle est plutôt artificielle, parce qu’il n’est pas habitué à ce “genre de rituel”.
Ainsi il n’y a pas eu entre lui et moi ce “folklore indien” comme entre maître et disciple. D’ailleurs Vijayânanda déconseillait aux occidentaux l’adoration des Dieux hindous: qui ne leur conviennent pas pour leur cheminement spirituel, c’est loin de leur culture, il disait cela et le répétait plusieurs fois.
Enseignez gratuitement
Pour l’enseignement de la connaissance il nous répétait:
-« Enseignez le yoga et la spiritualité dans votre langue maternelle, sinon elle ne va pas s’enraciner dans votre culture.
Enseignez gratuitement autant que vous le pouvez » nous répétait-il, et il citait souvent l’enseignement de Jésus: {Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement} (Matthieu10/8). Il connaissait bien l’Evangile d’ailleurs.
La gratuité de l’enseignement était une preuve de son authenticité, selon lui.
Il m’encourageait à écrire en arabe: « C’est ta mission dans le monde arabe qui a besoin de cette connaissance, les français n’ont pas trop besoin de toi, ils ont leurs écrivains et leurs indianistes ».
C’est pourquoi après avoir préparé ma thèse en français et commencé à écrire dans cette langue, je suis retourné à la langue arabe, ma langue maternelle.
Le Hatha Yoga
A l’origine, Swami Vijayânanda était un grand Hatha Yogi. Il l’a appris et l’a pratiqué en France avant de venir en Inde. Il insistait beaucoup sur le fait que le Hatha Yoga n’est pas concurrentiel, il n’est pas une rivalité comme c’est le cas de tous les sports. Il insistait et répétait aussi qu’on ne pratique pas les postures de yoga pour s’exhiber:
-« Mieux vaut arrêter de pratiquer, et choisir un sport à la place du Hatha Yoga, que de s’exhiber devant les gens en montrant la souplesse du corps et les postures difficiles comme font certains yogis qui ne sont pas de vrais yogis » Nous disait-il.
Vijayânanda et les maîtres indiens
Concernant les maîtres indiens contemporains, Swami Vijayânanda les connaissait tous, la plupart même personnellement.
1-Osho Rajnesh: il résumait son opinion vis à vis de lui en une seule phrase en disant: « Osho parle bien, il écrit bien, mais il se comporte mal ».
2-J. Krishnamurti: il l’a rencontré plusieurs fois. Il ne le considérait pas comme un maître réalisé. Il raconte que dans ses derniers jours, et suite à de grandes douleurs, Krishnamurti a demandé qu’on lui injecte de la morphine pour soulager ses douleurs. Pour Vijayânanda ce n’est pas le signe d’un maître réalisé. Il le compare là avec Ramana Maharshi qu’il estimait beaucoup et qui a été opéré d’un cancer sans être anesthésié.
3-Swami Sivânanda: il le respectait bien et a été le visiter dans son ashram à Rishikesh. Sivânanda lui a offert un tas de ses livres tout en refusant qu’il paye un sou. Mais Vijayânanda trouvait en Sivânanda des signes qui prouvaient qu’il n’était pas arrivé au plus haut degré de la réalisation!
4-Maharishi Mahesh Yogi: « Au début j’étais choqué de le voir venir à Kankhal pour rendre visite à Mâ Anandamayî dans sa voiture Mercedes de Luxe, après je me suis habitué à le voir venir dans ce genre de voitures » disait Vijayânanda. « Je crois que la méditation et les autres techniques qu’il enseigne aux occidentaux sont bonnes ».
5-Chidvilsananda Guru Mayi: « C’est celle qui a succédé à Muktananda: il nous a raconté la grande concurrence entre elle et son frère pour la succession de leur maître Muktananda: Ce n’était pas du tout spirituel ».
6-Swami Chidananda: « C’est le fruit d’une éducation jésuite, c’est de là que l’on trouve l’impact du christianisme dans son enseignement ».
Vijayananda estimait beaucoup son amitié et sa vénération pour Mâ.
7-Chandra Swami: « Son problème est qu’il ne parle pas pour que l’on sache vraiment à quel degré de réalisation il est arrivé » disait Vijayânanda.
8-Swami Ramdas: ou Baba Ramdas comme ses disciples l’appellent. Vijayânanda nous a raconté sa visite à Ananda Ashram, l’ashram de Ramdas dans le sud de l’Inde. Il y a eu cette conversation entre les deux:
-« Baba Ramdas pourrais-tu me donner la Réalisation ? »
-« Je pourrai te la donner, mais tu n’auras pas dans ce cas le mérite d’avoir fait l’effort ! »
-« Baba je m’en fous de ce mérite. Si tu peux me donner la réalisation, s’il te plaît, ne tarde pas à le faire ».
La conversation a été coupée à ce point, Ramdas ayant reçu d’autres visiteurs au même moment. Et Vijayananda de conclure:
-« La réalisation, aucun gourou ne peut te la donner, même pas Mâ Anandamayî. Tu ne peux l’avoir que par tes propres efforts ».
9-Mâ Anandamayî: Il reste le fait que Vijayânanda considérait que Mâ était un Avatar: une incarnation divine qui avait pour mission de restaurer la tradition hindoue ancienne, il la comparait souvent à Jésus Christ. Il voyait en elle l’Idéal d’un Maître. Il disait qu’elle était, avec Ramana Maharshi, les deux plus grands gourous de l’Inde du 20ème siècle.
Dernière rencontre avec Vijayânanda
Mes dernières rencontres avec Vijayânanda eurent lieu durant ma visite à Kankhal en Octobre 2003. C’est durant cette visite que j’ai enregistré avec lui deux interviews qui sont actuellement disponibles sur Youtube. Une personne Chiite du Sud du Liban, près des frontières avec la Palestine, m’a accompagné dans cette visite. Swamiji était content de voir une personne de cette zone limitrophe, ou soi-disant de la zone de guerre entre le Liban et sa voisine.
Avant de le quitter il m’a accordé une audience privée. Une rencontre courte. Je ne savais pas qu’elle serait notre dernière rencontre, mais lui apparemment le sentait.
-N’oublie pas que la haine n’efface jamais la haine, et qu’il n’y a que l’Amour qui puisse effacer la haine. N’oublie pas que seule la Non-Violence peut calmer la violence.
Amour et paix à toi, à cette personne qui t’accompagne, et à tous tes compatriotes. Va et passe ce message d’Amour et de Paix à tous les libanais et aux gens que tu connais, ou que tu rencontres. Dis-leur qu’il n’y a que l’Amour qui dure.
Je ne savais pas que c’était une sorte de testament de la part de mon maître bien-aimé.
Et depuis je ne fais que passer ce message d’Amour et de Paix à tous les gens que je rencontre.
دار بيبليون